Proclamation !




Un traité solennel conclu entre la République, le chef de l'Empire et le corps germanique, et ratifié à Paris le 25 ventôse, vient d'unir définitivement votre destinée à celle de la France.

Les intérêts et les droits de la République sont devenus les vôtres ; vos intérêts et vos droits sont devenus les siens. En vous adoptant elle vous a voué, comme à tous ses enfants, bienveillance et sollicitude, elle vous appelle à lui promettre fidélité comme eux.

Que cette promesse impose à tous l'oubli des liens dont le traité vous a dégagés, et le respect pour ceux qui vous attachent maintenant à la République.

Qu'elle mette un terme aux vaines appréhensions qui empêchent quelques-uns de jouir des avantages de la réunion et aux folles espérances qui portent quelques autres à les déguiser ou à les dénaturer.

Ces avantages, quel esprit raisonnable pourrait les méconnaître ? Des privilèges odieux n'enchaînent plus l'industrie des ouvriers ; le gibier ne ravage plus les champs du cultivateur, ne dévore plus les fruits de son travail ; pour tous ont cessé d'avilissantes corvées ; pour tous a cessé la dégradation des servitudes féodales.

La dîme est abolie ; les contributions de tous genres sont adoucies ; les perceptions sont également réparties entre les terres du seigneur ou de l'ecclésiastique, ci-devant exempts de charges, et celles du particulier qui les supportait seul ; les douanes intérieures qui se rencontraient au passage d'une contrée à une autre, ou empêchaient de remonter les rivières, sont supprimées ; le commerce est libre avec la France, le marché le plus avantageux du monde, et ne rencontrera plus les obstacles que lui opposaient les anciennes frontières.

Une justice impartiale, des administrations régulières sont substituées à l'autorité arbitraire des baillis. Tels sont les avantages que la réunion assure à la liberté et à la propriété.

Elle ne fait pas moins pour la sûreté et la tranquillité du pays. Au lieu de se trouver couvert d'intérêts opposés et toujours en conflits, il sera sous l'abri d'un intérêt commun à trente millions de citoyens. Au lieu d'être soumis à une multitude de petites dominations trop faibles pour le défendre, assez fortes pour l'opprimer, il sera protégé par une puissance qui saura toujours faire respecter son territoire.

La réunion des quatre départements à la France est pour eux un gage de prospérité, et leur promesse de fidélité à la République sera déjà l'expression de leur affection pour elle, autant qu'une reconnaissance des actes qui les ont réunis.




Bonaparte