1871-1900 : Les Racines se ramifient

D’autres acteurs entrent en scène !

Ils arrivent de divers coins mais plus particulièrement du Nord de la France et de l’Est. En ce qui concerne le Nord, Léon Pisson dit le Zouave, né en 1836 qui, après diverses campagnes et suite à son retour de Crimée en tant que vétéran de l’Armée d’Afrique s’installe à Aïn Sidi Cheriff sur une concession attribuée à tout vétéran qui le demande. Il se marie avec Anne Seyler, venue elle de ses champs de Lorraine et plus précisément d’un village qui se nomme Petit Rederching où, son père était laboureur. La guerre de 1870, l’annexion de sa terre qui devint Reichland, le souvenir des Armées coalisées contre l’Empire seront les causes de ce départ. Ils donneront naissance à 5 enfants ; Marie, Angèle, Virginie, Albert, et enfin Léon qui lui,une fois marié, partira s’installer en Tunisie où je perds sa trace.

Pierre à Arzew et Claude à La Stidia entreprennent de demander la Naturalisation Française dans le cadre du Sénatus Consulte du 14 juillet 1865 et l’obtiennent respectivement le 8 novembre 1873 pour Pierre et le 28 janvier 1874 pour Claude par décret du Conseil d’Etat après 1 an de démarches.

Le village d’Aïn Sidi Cheriff, n’est qu’à quelques encablures d’Arzew d'où sont installés Pierre et sa famille. Jean-Baptiste Kappes est né en à Arzew le 2 août 1872 (sur son acte de naissance figure encore la mention : Prussien en gras). Très vite, Jean-Baptiste rentrera en apprentissage comme tourneur sur métaux à la Compagnie Franco, une société qui à cette époque est la plus importante sur le sol Algérien. Très jeune il va perdre sa mère, Catherine, le 3 février 1888. Il rencontrera une Fille PISSON, Virgine et en tombera amoureux.

Pierre qui est maintenant palefrenier dans une grande propriété terrienne depuis qu’il a cédé sa concession, entreprend de ferrer un des chevaux des propriétaires le 4 décembre 1891. Mal lui en prend, il reçoit une très mauvaise ruade de l’animal en pleine poitrine et on l’expédie immédiatement sur l’hôpital militaire d’Arzew où il décédera à 3 heures et demi en ce matin du 5 décembre 1891.

Jean-Baptiste KAPPES épousera Virginie PISSON le 19 août 1893 à Arzew devant Monsieur Sette Alfred, Premier Adjoint au Maire. Cet acte nous apprend aussi que le père de Virginie, Léon PISSON dit le Zouave était, entre temps, entré lui aussi à la Franco en qualité de Chauffeur et que lui et sa femme Anne résidaient maintenant à Arzew.

Pour ce que je sais, à partir de là, Jean-Baptiste sera un peu le tuteur de ses frères et sœurs et gardera de ces instants le goût des familles nombreuses puisque plus tard, il aura, en plus de ses nombreux enfants, la charge des sœurs célibataires, beaux parents et même, je crois, oncle de son épouse Virginie dans un minuscule appartement.

La Compagnie Franco, deviendra ensuite la Compagnie Franco-Algérienne et plus tard encore le C.F.A, le pendant en Algérie de la S.N.C.F en France métropolitaine. Ces Prussiens donneront à la France une longue lignée de «cheminots» qui perdure encore pour certaines branches de la Famille. Les uns dans les ateliers et les autres comme roulants.

Voilà que ces jeunes rameaux sont eux aussi prêts, à leur tour, à donner de nouveaux fruits ! Naissances des premiers enfants de Jean-Baptiste et de Virginie , qui arriveront bien vite et surtout en assez grand nombre ...