III Les Agents Recruteurs |
| Tous les Etats de Prusse voient déferler sur eux, des Agents recruteurs, venus de tous les ports d’Europe, mandatés auprès des Autorités mais aussi par les Compagnies Maritimes qui trouvent là une manne substantielle pour leurs activités et leur essor. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à l’un d’entre eux ; le dénommé DIEL qui, lui, parcourt la région de Trêves et de ses environs. De village en village, cet agent de la Compagnie DELRUE et Cie sise à Dunkerque fait miroiter à ces pauvres gens cette vie meilleure qu’ils, s’ils le souhaitaient, pourraient aisément connaître dans ces pays neufs où tout est à construire. Bien des badauds accourent pour écouter les arguments de cet Agent et ils finissent par se laisser circonvenir quand le modeste coût du transport et surtout ses modalités de règlement sont évoqués. Le voyage ne coûtera que 20 Thalers au total par personne mais il se décomposera comme suit : Les 2/3 seront payables au moment de l’embarquement et le tiers restant, sera, lui, exigible 1 an après l’installation sur leur nouvelle terre. Tout cela, malheureusement pour les candidats au départ, n’est qu’oral aucun contrat écrit n’est signé et fort de la valeur de la parole donnée, ce qui en cette époque a valeur de contrat, ils se mettent donc à «réaliser» leurs maigres biens pour récolter l’argent nécessaire au voyage. Nikolaüs KAPPES et sa famille sont au nombre de ces candidats à l’exil et plus particulièrement se comptent parmi ceux désirant aller s’installer au Brésil. Pourquoi le Brésil, je ne peux répondre avec certitude, mais d’après des contacts Internet avec des KAPPES du Brésil, originaires de la même région, je me dis que peut-être, des membres de cette famille avaient déjà franchi le pas et de par ses courriers en avaient incité d’autres à faire de même. Tout cela n’est que suppositions !!! En Mars ou Avril 1846 Nikolaüs Kappes, son épouse
et leurs 3 enfants prennent la route de l’exode. Que pensaient-ils,
que disaient-ils en ces instants ?? Ils chantaient la chanson des émigrants en partance pour le Brésil:
Peut être qu’une autre petite citation de l’Ami Fritz pourrait encore mieux éclairer cette zone d’ombre : «C’était des paysans qui partaient pour l’Amérique
; leurs voitures étaient chargées de vieilles armoires,
de bois de lit, de commodes. De grandes toiles étendues sur des
cerceaux couvraient le tout. Sous ces toiles, de petits enfants assis
sur des bottes de paille et des pauvres vieilles toutes décrépites,
les cheveux blancs comme du lin, regardaient d’un air calme tandis
que 5 à 6 rosses, la croupe couverte de peaux de chiens, tiraient
lentement. Derrière, arrivaient les hommes, les femmes et les
vieillards, les reins courbés, la tête nue, appuyés
sur des bâtons. Ils chantaient en chœur :
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