IV
LES SORCIERES DES SEPT MONTS

Les sorcières ont coutume de se réunir pour danser sur le Papelsberg près de Römlinghofen. C'est là qu'on peut les surprendre la nuit après leur fête comme elles se frottent la plante des pieds d'onguent de sorcière en prononçant ces mots :

" Hütttemätütt !
par l'âtre et la cheminée
par les barrières et les haies "
Elles passent alors dans l'air comme un tourbillon pour retourner à leur village, comme elles sont venues, chevauchant des tabourets, des fourches et des balais.

Elles se réunissent aussi au Moulin d'Oberdollendorf. Un soir un garçon meunier qui avait le cœur bien accroché se coucha sur le banc près du poêle, cacha une hache sous la veste et fit semblant de dormir. Peu après un chat noir s'approcha de lui, l'observa longuement et dit finalement : " Il dort ". Un autre vint, se frotta tout doucement contre le banc du dormeur et dit au premier : " Il dort ". Et des chats de plus en plus nombreux vinrent se joindre à eux. Chacun examina avec précaution le dormeur puis déclara : " Il dort ". Tout à coup, l'homme sauta sur ses pieds et de toutes ses forces frappa dans le tas avec sa hache en criant sans arrêt " Non, il ne dort pas, il ne dort pas ". Et tous les chats disparurent avec grands fracas et miaulement. Mais le lendemain toutes les voisines avaient la tête bandée où même portaient un bras en écharpe.