VI
Courrier du Ministre de l'Intérieur


Paris le 8 octobre 1846


Monsieur le Préfet,


Je partage complètement l'opinion que vous émettez dans votre lettre du 2 de ce mois sur la forme de l'arrêté de Mr le Sous Préfet de Dunkerque, ayant pour objet de faire reconduire à la frontière un convoi nouveau d'émigrants allemands arrivé dans cette ville.

La mesure au fond était bonne et conforme aux instructions que j'avais données, mais il eut été convenable que l'acte qu'il a prescrit eut été rédigé d'une manière plus simple, et lorsque cet acte par sa mise en exécution put obtenir une certaine publicité, il convenait d'éviter la longue discussion qui se trouve dans le considérant de l'arrêté et qui se rapporte à une Maison de Commerce, désignée nominativement, et qui plus tard, peut-être, pourra justifier de sa bonne foi et de la légitimité de ses prétentions.

L'objet traité dans le long considérant dont il s'agit aurait pu tout au plus motiver une correspondance confidentielle soit avec le Consul de France à Ostende, soit avec les autorités de ce port.

Veuillez je vous prie, adresser en mon nom quelques observations dans ce sens à Mr le Sous Préfet de Dunkerque dont, d'ailleurs, j'apprécie bien le zèle dans tout ce qui a trait à cette émigration étrangère qui menace d'envahir l'arrondissement qu'il administre.

Agréez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération distinguée.

Pour le Ministre et par autorisation
Le Sous Secrétaire d'Etat de l'Intérieur.