Extraits incomplets et non datés de procès verbaux Du Commissariat de Dunkerque établis par le Commissaire Salvigne de la Cipière.
…… pour compléter le nombre de 250 à Anvers et à Cologne je vous les enverrai ; je me suis rendu auprès de Mr Delrue qui m'a dit qu'il ne pouvait nous accepter pour le passage au Brésil à moins que nous payons trente Thalers par grande personne et vingt trois pour chaque enfant ; le Sieur Diel, son mandataire nous a dit, à Ostende, que nous pouvions nous rendre à Dunkerque où le Sieur Charles Delrue nous accepterait en payant au comptant les deux tiers, le reste ne devant être payé qu'un an après notre arrivée au Brésil soit 22 Thalers par grande personne, et le Sieur Delrue exige maintenant que nous sommes sur les lieux que nous comptions trente quatre Thalers par personne.
Adam Weyand, âgé de 40 ans, laboureur, déclare : Le Sieur Diel agent du Sieur Delrue, vint dans notre pays, il nous annonça qu'il n'en coûterait que pour la traversée jusqu'au Brésil que cinq Thalers par grande personne et trois Thalers pour chaque petite, il nous engagea à vendre nos propriétés mobilières et immobilières et qu'il viendrait nous prendre dans quelques jours à
Boppart, près de Mayence, après avoir tout vendu, ne le voyant pas arriver nous nous sommes décidés à aller à Ostende, il nous annonça que les prix avaient changé, qu'il fallait payer maintenant trente quatre Thalers par grande personne et vingt trois pour les petites, mais que nous donnerions les deux tiers du prix en arrivant à Dunkerque et le troisième tiers un an après notre arrivée au Brésil, le Sieur Delrue ne veut pas reconnaître ce traité, et exige que nous payons la totalité du passage ou trente quatre Thalers par personne, cependant nous ne nous sommes rendus ici qu'à la condition ci-dessus apportée et avec un billet du Sieur Diel, son mandataire en Allemagne.
Philippe Strum, âgé de quarante huit ans, charpentier, déclare comme le précédent et ajoute : Le Sieur Diel s'est assuré lui-même que nous possédions de quoi payer notre passage en nous faisant compter notre argent devant lui, il nous a dit Allez à Dunkerque. En outre jeudi dernier le Sieur Delrue était à Ostende et il nous a dit qu'il nous accepterait moyennant vingt deux Thalers par grande personne et dix huit pour chaque petite, c'est en présence du Consul de Prusse qu'il a pris cet engagement verbal, l'écrit du Sieur Diel son mandataire contient tacitement ces conditions ce que le Sieur Delrue refuse d'accepter aujourd'hui que nous sommes venus ici à grands frais.
…… Le Sieur Delrue s'est engagé verbalement en présence du Consul de Prusse pour la somme de 22 Thalers à effectuer la traversée ainsi que plusieurs de ses compatriotes le lui ont rapporté.
Jérome Schonner, âgé de 41 ans, fondeur fait une déclaration semblable à la précédente et ajoute que c'est sur l'instigation de Mr Diel mandataire du Sieur Delrue qu'ils ont tout vendu dans leur pays et qu'il leur avait été dit en premier lieu qu'ils ne payeraient que 5 Thalers une fois leurs biens vendus puis que le prix du passage était de trente quatre Thalers par personne mais qu'ils ne payeraient que les deux tiers du prix en arrivant à Dunkerque le troisième tiers devant être payé qu'un an après notre arrivée au Brésil.
Wagner, Milenberger, Frédéric Wendel, Feiber, Stum et Foller ont tous confirmé par leurs déclarations celles que les cinq précédents ont détaillé plus haut.
Jean Ouket, voiturier à Dunkerque déclare avoir reçu cent vingt francs pour transporter les bagages de cent soixante quatre émigrants jusqu'à Dunkerque, mais que le (illisible) qu'on lui fait éprouver doit aussi lui être payé, ce sont les émigrants qui l'ont payé à Ostende.
Le Sieur Cordant qui nous a servi d'interprète nous a déclaré que le Sieur Diel Mandataire du Sieur Delrue lui a dit à plusieurs reprises que le prix n'était maintenant plus que de vingt deux Thalers par personne pour le passage au Brésil.
De tout ce que dessus et d'autre part nous avons rédigé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de droit.
Salvigne de la Cipière