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Anecdotes : 1846-1847



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Voici deux anecdotes qui se déroulèrent du temps où nos Prussiens étaient à Dunkerque et qui, toutes deux eurent les faveurs de la Presse locale :

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La première relate la seule trace d'un réel délit commis par un Prussien durant le séjour forcé Dunkerquois;

Un jeune homme de 17 ans avait été convié, chez elle, par une bonne vieille Dame bien pensante de Dunkerque dans le but charitable d'apporter quelques apaisements à la faim qui tenaillait ce jeune étranger. Elle le combla de bonnes nourritures et lui emplit les poches et la besace de morceaux de pain. Sitôt après le départ du Jeune Homme, elle constata la disparition de la montre à gousset de feu son époux.

Elle se rendit aussi vite qu'elle le put au Commissariat de son Canton pour déposer plainte avec le vif espoir de retrouver l'objet en question.

La Police n'eut aucun mal à retrouver le jeune homme qui, à la vue des policiers, sortit de sa poche la montre et la tendit vers eux. Il leur expliqua qu'avec le fruit de la vente prochaine de l'objet, il se proposait de nourrir les siens qui étaient fort nombreux et tout aussi affamés que lui l'était quelques heures auparavant. Il passa au tribunal et après les admonestations d'usage, il fut condamné à trois semaines de cachot pour méditer à loisir sur la teneur de son forfait. (Mais nourri !!)

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La deuxième, semble s'éloigner de notre sujet et pourtant ?

Elle nous raconte l'histoire de trois enfants en très bas âge, qui furent retrouvés, un beau matin, errant dans les rues de Dunkerque totalement affamés. Avis à la population fut lancé dans l'espoir de retrouver les parents de ces enfants que l'on pensait égarés mais personne ne se manifesta, aussi la Mairie décida du placement de ces enfants dans différentes familles qui avaient souhaité les héberger.

L'enquête n'était pas pour autant abandonnée. Des limiers continuaient à auditionner les gens du pays pour tenter d'apporter une solution à cette affaire. Après deux mois d'enquête, ils découvrirent enfin toutes les arcanes de cette histoire.

Le Père des enfants était un brave pêcheur parti pour une campagne morutière de 24 mois en Islande ou à Terre Neuve, la Mère était domestique chez des notables de la ville. Profitant de l'absence de son mari, elle avait déposé les enfants à un coin de rue en leur demandant de l'attendre et avait disparu à compter de cet instant. Toutes les pistes locales ne menaient à rien ; aussi, la Police élargit-elle le cercle de ses recherches à toute la France.

Sa trace fut retrouvée à Marseille où elle avait embarqué pour l'Algérie. En Algérie elle fut convoquée par l'autorité militaire pour fournir quelques explications. Elle était trop pauvre, avoua-t-elle, pour partir avec ses enfants et se refaire une nouvelle vie c'est pourquoi elle avait agi ainsi en confiant le sort de ses enfants aux bons soins de la providence. Au retour, le mari déclara qu'avec son travail et ses longues absences, il ne pouvait assumer seul la charge des trois enfants!

L'autorité parentale leur fut retirée à tous deux et les enfants purent être adoptés et restèrent à Dunkerque comme semblèrent se réjouir les journalistes de la presse locale qui avaient relaté cette sinistre histoire.

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Deux faits historiques dont l'un, s'il s'était produit durant le séjour de Prussiens à Dunkerque, aurait quelque peu changé le cours de notre Histoire.

Le 8 juillet 1846 avait eu lieu dans la région, l'une des premières catastrophes ferroviaires qui fit un tel bruit tant aux plans local, national mais aussi international qu'un instant le concept même du chemin de fer fut remis en question.

La ligne reliant Lille à Paris fut le théâtre du déraillement d'un train à Fampoux, causant ainsi la mort de nombreuses victimes parmi les 220 personnes qui se trouvaient à bord.

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Un an plus tard, soit en 1847 :

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Le choléra venu de Newcastle, par le biais de charbon importé, arriva au port de Dunkerque dans les soutes d'un navire qui effectuait régulièrement ce transport. Le choléra fera 427 victimes à Dunkerque avant de se répandre et propager son oeuvre destructrice durant un an et demi à travers toute la France.

On peut aisément imaginer ce qui se serait passé si le choléra était arrivé en 1846 dans cette ville où près d'un millier d'êtres déjà presque moribonds vivaient d'expédients en se nourrissant, la plupart du temps, à la sortie des égouts de la ville où, souvent, on les voyait errer.

Je pense que bien peu d'entre nous seraient là à lire ou rédiger ces lignes sur ce passé.

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